Le dossier pédagogique pour les enseignants des Ecoles Primaires

 

 Les Fables de La Fontaine, des histoires mystérieuses

 

Préparation

 

Aucune préparation spécifique n'est nécessaire à la compréhension de notre spectacle. Il est même préférable que les enfants n'aient pas déjà étudié toutes les fables que nous nous proposons de leur jouer. Mais il peut être intéressant qu'ils se soient déjà confrontés à l'une d'elles, qu'ils l'aient apprise ou qu'on la leur ait juste lue.

 




Aborder les fables de façon ludique

Notre envie était d’aborder les fables comme des explorateurs que tout intéresse et qui prennent le temps de tout ausculter mais nous voulions aussi un ton léger et ludique. Aussi avons-nous choisi de prendre comme interprètes deux clowns. Proche de l’enfant par sa naïveté et sa curiosité, le clown est sans arrêt en situation de "découverte", tout l’étonne, le surprend, le questionne ; ses sentiments, ses émotions sont forts et fulgurants, en un éclair il est révolté, désespéré, fou de joie, paniqué, ... Il n’est pas bête mais il met un vrai temps à comprendre ; ses doutes, ses incertitudes sont visibles et lisibles (ce qui permet au public de comprendre avant lui). Attentif au public, il partage tout avec lui, le quatrième mur n’existe pas et le spectateur se sent impliqué. Très joueur aussi, il est prêt à tout (y compris à se croire capable de dire les 243 fables !) et ne rate pas une occasion de s’amuser. Avec lui, les fables deviennent tout à la fois un terrain d’exploration et un terrain de jeu.


Choisir des fables qui parlent aux enfants

 

Contrairement à ce que pensent nos clowns, nous ne pouvions pas toutes les dire !

 

voici celles que nous avons retenues,

- Le lièvre et la tortue

- Le laboureur et ses enfants

- Le corbeau voulant imiter l’aigle

- Le rat de ville et le rat des champs

- Le gland et la citrouille (version Jules)

- Le lion abattu par l’homme

- Le héron

- Le corbeau et le renard

- La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf

 

 

 

Pour notre sélection, délicate, nous avons considéré les fables comme des histoires à raconter, des histoires venues de temps lointains à la rencontre des enfants d'aujourd'hui. Un langage d'une autre époque soutenu par la dynamique visuelle de nos clowns. En les laissant perplexes, interrogatifs, « interprétatifs»  par rapport aux morales, nous laissons aux enfants le soin de se les approprier. Nous avons choisi celles qui pourraient leur servir . . .

Ainsi nous n’avons choisi parmi les plus connues que l'incontournable "Le corbeau et le renard" comme un challenge. Notre envie était aussi de surprendre les adultes et les placer, un instant, dans la même position de découverte que les enfants. 

 

 

Respecter l’originalité de chaque fable et stimuler la créativité

 

À force de lectures et de travail, chaque fable est apparue comme une pièce unique, précieuse et particulière. La forme, la longueur, la structure (dialoguer ou conter), la place de la morale (explicite ou implicite), les protagonistes (humains ou animaux), ... Autant d’éléments spécifiques qui appelaient des traitements adaptés, aussi avons nous décidé de varier notre interprétation en nous laissant guider par la fable elle-même. Celle-ci, très imagée, nécessitait une transposition visuelle, celle la , très connue, nous permettait de glisser des surprises, telle autre plus énigmatique nous obligeait à des commentaires ... Tour à tour conteurs et interprètes nos clowns se lancent des défis, prennent le temps de comprendre ce qu’ils disent, s’interrogent sur le sens des morales "à quoi ça peut servir ?" et ouvrent leur questionnement au public.

Quand ils ne les savent pas par coeur, un grand livre des fables aide le public à différencier la parole de La Fontaine (clairement lue) de la leur. 


Donner envie de lire

Pour des raisons de durée de spectacle (1 heure) et de capacité d’attention des enfants, nous avons du limiter notre sélection à 10 fables. Mais notre intention est également d’aiguiser la curiosité des jeunes spectateurs et tout est prétexte à leur donner envie de prendre le livre. Leur donner juste la lecture de titres alléchants, se permettre d’en résumer une à notre façon, les laisser sur la "frustration" de ne pas avoir pu venir à bout des 243 fables pendant l'heure de spectacle. . .  Provoquer leur curiosité de façon ludique. 


Des performances et de la musique en direct

C’est notre plaisir, nous aimons l’idée d’aller jusqu’au bout de l'appellation "spectacle vivant" et défendre le côté artisanal de notre métier dans ce monde où tout est si souvent truqué et retravaillé. Nos clowns rêvent de cirque, ils aiment prendre des risques et partager leurs frissons. Dans ce spectacle, vous écouterez Adèle et son violon, Jules et son tuba et vous les retrouvez, elle, dans son numéro de jonglage de boulettes de papiers et lui, perché sur son échelle d’équilibre.

Enfant, nous avons été marqués par cette étape particulière : apprendre et réciter une fable. Souvenirs de mots inconnus et énigmatiques aux sonorités belles et étranges qui embarquaient notre imaginaire et résistaient à notre entendement : comment "mâtin" pouvait-il vouloir dire chien ? À l’époque et même si nous étions heureux et fier d’avoir réussi à les mémoriser un grand mystère entouraient ces fables et leur morales. A les relire adultes, nous redécouvrons, amusés, leur sens "caché" et apprécions mieux bien sûr leur pertinence et tout le talent de La Fontaine qui réussit à nous envoyer des messages fort utiles.

En abordant ce projet de spectacle sur les fables nous souhaitions travailler sur cette prise de conscience du sens. Comment accompagner l’enfant dans sa recherche et l’aider à trouver des pistes ?

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